11 décembre 2009 ~ 0 Commentaire

Dans la catégorie Qui suis-je ?

atipyc, atipyc, …, vous avez dit atipyc ?

Bonjour et bienvenue sur mon blog,

Et oui, moi qui me bats contre les consultants « bavasseurs », voilà que je viens ajouter ma voix au brouhaha ambiant.

Mon souhait est d’apporter un éclairage décalé (atypique ?) sur des problématiques vieilles comme le monde qui tournent autour de la gestion de projet et de la difficulté à changer les habitudes.

Pour cela, je me baserai sur mon expérience personnelle et sur des exemples tirés de l’actualité (quelle soit informatique, managériale ou pourquoi pas actualité pure).A propos d’expérience personnelle et de premier billet, un petit éclairage sur mon parcours et le choix du nom pour ma société « atipyc » s’impose :

Je suis né à Lille (France) en 59.

Les premiers pas, … l’auto-gestion puis la prépa …

J’ai fait des études secondaires normales (au sens français du terme (je pense que j’aurai souvent l’occasion de revenir sur la fameuse « exception culturelle française »)), normales à une exception près (et de taille) : lors de ma partie « lycée » (de la seconde à la terminale ou, en gros, de 15 à 17 ans), j’ai eu la chance de participer à une expérience pédagogique novatrice : l’auto-gestion. En bref, le principe était de travailler par groupes de 3 à 4 personnes de façon autonome tout en respectant un programme global défini par avance sous la houlette de notre animateur – professeur : si Obélix était tombé dans la potion magique étant petit, je peux dire que j’étais tombé, sans le savoir à l’époque, dans ce qui ne s’appelait pas encore l’Agilité (et dire qu’on était en 1975).

J’ai ensuite repris un cursus beaucoup plus convenu en intégrant une prépa ; vous imaginez que le choc des cultures fut rude après 3 ans d’auto-gestion.

Physique-Chimie Paris et la recherche …

J’ai ensuite eu la chance formidable de rejoindre l’Ecole Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de la ville de Paris (ESPCI ou PC) (maintenant officiellement ESPCI ParisTech). Sous la direction de Pierre-Gilles de Gennes (futur prix Nobel de Physique en 1991), l’école proposait une approche mixant cours formels et travaux pratiques sous un format tutorat (travail en petits groupes sous la responsabilité d’un tuteur) : l’Agilité, vous dis-je ! Une des autres particularités de PC (en sus de l’aspect « mettre les mains dans le cambouis ») était le cursus de 4 ans qui se concluait par (typiquement) une année de DEA (Diplôme d’Etudes Approfondies), plongée concrète dans la gestion de projet (de recherche).

Lors de cette année, j’ai eu la chance (encore) de croiser la route d’Etienne Guyon (responsable du labo d’hydrodynamique physique) qui par son côté clairement atypique m’a donné le virus de la recherche et je me suis lancé dans l’aventure d’une thèse. Là aussi, j’ai essuyé les plâtres des premiers contrats Cifre qui cherchaient à rapprocher les mondes universitaire et de l’entreprise (toujours un vaste chantier en France !). J’ai réalisé ma thèse entre le labo de PC à Paris et Dowell-Schlumberger à Saint-Etienne. Ce fut une expérience fantastique et difficile pendant 3 ans que de piloter et de bâtir ce projet de recherche avec la difficulté liée à tout projet de devoir gérer les risques (et je dirais même plutôt gérer l’incertitude).

Pechiney, la fonderie et Grenoble …

Toujours mordu pour la recherche et ses applications concrètes, j’ai ensuite rejoint Pechiney (maintenant Alcan) au Centre de Recherche de Voreppe (CRV) dans l’équipe Fonderie. J’y ai passé 5 années passionnantes entre des sujets de recherche pure (contacts avec l’université Mc Gill à Montréal) et des essais de terrain (où l’on apprécie d’être tout prêt des fours d’aluminium au petit matin). J’y ai découvert les joies de travailler dans une petite équipe quasiment autonome avec des budgets correctement dimensionnés (c’était avant 1992 !). Le CRV avait notamment mis en place une politique de recherche « libre » sous réserve, bien sûr, d’avoir défendu son projet : je me souviens, entre autres, de tests de traçage de poches de filtration d’aluminium à l’aide d’échantillons d’or.

L’aventure australienne …

Toujours poussé par ma curiosité, j’ai eu l’opportunité de partir 3 ans dans une filiale de Pechiney en Australie : Tomago Aluminium Company. Tomago était (et est toujours) une usine de production d’aluminium (électrolyse et fonderie) située à Newcastle (150km au Nord de Sydney). Inutile de préciser que je garde un souvenir très fort de mon séjour Down Under entre le choc culturel avec le mode de vie australien (loin de l’agitation française), le choc linguistique (« G’day Mate ! ») et le choc professionnel de travailler en production (pas question de faire attendre les bateaux en partance pour le Japon).

Où l’on s’aperçoit que la communication est un art délicat …

Le passage en Suisse …

Le retour en France fut aussi délicat (la France de 95 n’était plus celle de 92) et après un court passage à Voreppe, j’ai repris la route pour la Suisse où j’avais trouvé un poste de responsable de production dans une petite usine d’aluminium située à Martigny (de l’autre côté de Chamonix). Pendant 3 ans, j’ai jonglé avec les contraintes court-terme de respect des délais, contrainte d’autant plus forte que notre valeur ajoutée était basée sur notre totale réactivité (Agilité encore ?). L’aspect confrontation avec la réalité et une gestion des risques au sens propre fut parfois rude. Quelques semaines après mon arrivée, je fus réveillé en pleine nuit par un appel m’annonçant qu’une partie du toit de la fonderie s’était écroulé suite à une bourrasque, incident heureusement sans gravité pour les équipes présentes. Une autre fois, nous venions d’inspecter visuellement les parois d’un four rempli d’aluminium liquide quand un morceau de la voûte du four s’est effondré projetant de l’aluminium en fusion sur plusieurs mètres : à 2 min près, je n’aurais pas écrit ce billet.

Où l’on s’aperçoit que la vision et la gestion des risques est un art très délicat et très subjectif …

1999 a sonné la fin de mon parcours dans l’industrie de l’aluminium et il était temps de me reconvertir … mais que faire après ma première vie professionnelle riche en expériences certes mais quelque peu difficile à vendre (atypique ?) : mais consultant, bien sûr !

Retour à Lille, … Capgemini et SAP…

Or c’était la grande époque de l’avant an 2000, des ERP (SAP pour ne pas le nommer), … Me voila donc postulant pour un poste « en gestion de projet (sic) » (car ne gérons-nous pas tous des projets comme Monsieur Jourdain faisait de la prose) et Capgemini Lille me propose un poste comme consultant SAP avec, à terme, la perspective de piloter des projets informatiques.

Me voici donc de retour à Lille après 20 ans d’absence et un passage aux antipodes.

Après 6 semaines de formation théorique sur SAP, j’étais « bombardé » expert SAP et prêt à me lancer dans la grande aventure du paramétrage (on pourrait consacrer des dizaines de blogs au mode de fonctionnement des SSII, j’y reviendrai si l’anecdote a valeur d’illustration). Chez Capgemini, j’ai eu une chance formidable, celle de participer quasiment de bout en bout à plusieurs projets d’implémentation d’ERP (essentiellement SAP mais aussi MFG Pro) sous plusieurs casquettes : consultant, pilote de la formation, chef de projet, responsable de l’intégration, responsable des tests, pilote de la bascule, … J’y ai touché concrètement parfois durement les multiples facettes de la vie d’un projet. Un des aspects qui m’a le plus marqué est le vrai challenge que constitue la bonne compréhension entre tous les acteurs d’un projet : point que j’ai inclus comme une des 3 valeurs de ma société : tout projet est apprentissage d’un nouveau langage ! Là aussi, j’aurai l’occasion à l’avenir d’approfondir cette réflexion.

PME, indépendance et … Agilité …

Après 8 années chez Capgemini et d’incessants séjours sur Paris (bien belle ville mais mon cœur reste lillois), je suis parti chez une SSII à taille humaine basée sur Lille (MC3SI) où je suis resté un peu plus d’un an. L’expérience fut particulièrement intéressante en me confrontant avec des domaines inconnus notamment l’aspect Web et e-commerce où j’ai été en prise avec des problématiques de délai sans commune mesure avec celles de mise en place d’un ERP. J’y ai aussi découvert officiellement l’Agilité ou disons plutôt que j’ai découvert une approche qui synthétisait les multiples enseignements que j’avais tirés de mes multiples expériences. Où la boucle fut bouclée … retour à Lille et retour à l’Agilité !

Il ne me reste donc plus qu’à continuer ma quête du Graal : être Agile sur un projet ERP …

atipycement vôtre

Christophe Leroy

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