17 octobre 2010 ~ 1 Commentaire

Dans la catégorie Gestion de projet

Leadership or Loudership?

Bonjour

Dans la grande veine du Yin &  Yang (ou du revers de la médaille en version française), j’ai redécouvert récemment deux articles que j’avais mis de côté et qui traitent tous deux du leadership de façon très contradictoire :

Time, March 16, 2009
« Why Bosses Tend to Be Blowhards »
The study: Teams of four are observed as they compete to solve tough math problems
The findings: People are likelier to be perceived as leaders if they offer more answers even if those answers are wrong

Courrier Cadres, février 2010
« Les introvertis font d’excellents patrons »
Revue du livre « The Introverted Leader: Building on Your Quiet Strength », Jennifer Kahnweiler, juin 2009
Ce livre montre que « ce n’est pas parce que vous parlez peu ou moins fort que vos collègues que vous faites de moins bons dirigeants. Au contraire. »
http://www.theintrovertedleader.com/

Pour ma part (et sans avoir consulté le détail des études réalisées dans les deux cas ci-dessus), je suis toujours un peu sceptique sur les études initiales qui ont permis d’apporter des conclusions « scientifiques » sur des questions sociologiques : qu’un « chef » soit un minimum charismatique ne choque pas le sens commun et qu’une personne « discrète » puisse faire un bon leader ne me paraît pas, non plus, être une découverte.
Cependant, l’article de Time flattera le côté presque français du management sur le mode du « chef à grande gueule ». Alors que l’article de Courrier Cadres donnera une vision opposée (ou plutôt complémentaire à mes yeux) du profil du dirigeant.

L’exemple présenté dans l’article de Time me paraît, par contre, intéressant à creuser :
« Lors d’un exercice mathématique, une assertion fausse mais péremptoire et sur le mode de l’autorité sera acceptée par le groupe ». (resterait là-aussi à vérifier que le niveau mathématique des membres du groupe leur permettait de déceler l’erreur). On retrouve les effets classiques de la soumission à l’autorité.
Qui d’entre nous n’a pas connu dans sa gestion de projet le cas du grand chef « je sais tout » imposant son opinion au projet et le conduisant tout droit dans une impasse alors que la majorité de l’équipe avait des doutes mais n’a pas su (pu ? osé ?) les exprimer ? (l’article de Time ose, pour sa part, le conseil suivant : « … if you think your boss is making stupid moves, maybe the best thing you can do is say so. Loudly and frequently. The result could be your getting promoted – or fired »).
Quoiqu’il en soit, que de temps perdu à corriger le tir (alors que l’idée initiale était bien de gagner du temps sur l’hypothèse de l’omniscience d’un gourou).
De façon caricaturale, je présenterai cette approche « Loudership » en management comme le pendant de l’approche « Waterfall » en mode de gestion de projet : çà marche si on suppose tous les paramètres connus, déterminés de façon fiable et maîtrisés dans le temps.

L’article de Courrier Cadres présente une vision différente du manager sur le mode « introverti ». Là aussi, la vision est réductrice car l’utilisation du mot « introverti » est trompeuse. Elle sous-entend, non pas, un manager seul dans sa tour d’ivoire et perdu dans ses propres réflexions mais un manager « modeste » et demandant l’avis de ses équipes, en bref, un manager se basant sur sa « Quiet Strength ». Il eut donc été préférable de traduire « Quiet Strength » non pas par « introverti » mais tout simplement par « Force tranquille » si ce slogan n’avait pas déjà été utilisé par ailleurs … humour à part, ces responsables dits introvertis disposent visiblement d’un certain charisme : les noms cités sont, entre autres, ceux de Bill Gates et Warren Buffet :-) .
Dans ces conditions, on observe des bénéfices tels une ambiance rassurante pour leurs équipes et leurs pairs, une argumentation construite et documentée, …
De façon toujours caricaturale, je rapprocherai cette démarche « introvertie » de l’approche Agile qui met l’accent sur l’itération, l’incrémental et l’équipe pour faire « accoucher » au plus vite les projets.

Bien entendu au moment de la synthèse, je ne pourrai que souligner qu’aucun camp ne détient la vérité (si vérité absolue il y a).
Les circonstances d’un projet pourront exiger une prise de décision arbitraire (cf. « Tout choix est arbitraire ») : dans ces conditions, le minimum attendu de la part du responsable de projet est de préciser le caractère arbitraire de ce choix (ce qui permettra, entre autres, que ce choix ne soit pas élevé au rang de « dogme » à l’avenir).
Dans d’autres circonstances, une décision concertée s’imposera :
la grande difficulté et tout l’art du responsable étant de choisir la bonne approche au bon moment
et, bien sûr, de parvenir à une décision (cf. « Il faut se colleter avec la nécessité »).

Bon, allez, je la ferme …

atipyc pyc pyc …

Christophe Leroy

Une réponses à “Leadership or Loudership?”

  1. bisch 16 mai 2011 à 8 h 00 min Lien direct avec ce commentaire

    je suis d’accord !
    Le leader peut etre introverti ou extraverti. Ce qui compte c’est qu’il sache écouter les autres pour enrichir sa vision et s’adapter à chaque membre de son équipe, en utilisant les complémentarités. En particulier, animer des réunions où il laisse systématiquement la parole à ceux qui ne la demandent, pas, car ils ont toujours quelque chose d’intéressant à dire, ne serait-ce que reformuler l’essentiel de ce qu’ils ont compris. Et ils ont souvent des idées neuves qui font avancer… Simplement, ils ne se croient pas spontanément le droit de les exprimer si on ne les leur demande pas… Le leader qui en a conscience (il suffit d’un minimum d’intelligence pour cela…) saura ne pas se priver de bonnes idées à temps… avant de faire de grosses erreurs ! cf la sociocratie qui a fait ses preuves, en particulier en Hollande, mais pas que…
    L’intelligence et la créativité se multiplient en se partageant, comme tant d’autres biens précieux, à commencer par l’amour !!!
    Ceux qui se croient obligés de crier qu’ils ont toujours raison ne sont pas forcément des extravertis (cf Hitler, introverti raté… convaincu par son psy que, s’il croyait aveuglément en lui, il cesserait d’être aveugle…) Quelques autres exemples…
    Pas si simple… Merci en tout cas pour le partage !


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